Greffe hongroise de la vigne
La greffe hongroise de la vigne
… ou comment greffer les pousses herbacées de la vigne.
En Hongrie, on pratique assez couramment le greffage aérien de la vigne. Les deux méthodes employées sont la greffe en fente herbacée et l’écussonnage sur l’oeil du professeur Horvàth.
C’est cette dernière méthode qui vous est ici présentée.
Greffe en écusson sur l’oeil préconisée par le professeur Horvàth (Hongrie)
Cette méthode de greffe consiste à mettre un écusson avec oeil du greffon à la place d’un bourgeon du porte-greffe.
On fait à un centimètre au dessus et à un centimètre au-dessous du bouton une incision circulaire qui tranche completement l’écorce (aa et bb’, fig. 1), puis à droite et à gauche du bouton, sur la partie médiane du sarment, ou plutôt un peu plus près de l’oeil, on fait deux incisions longitudinales allant de l’une à l’autre des incisions annulaires(xy, fig. 1).
S’aidant ensuite de la spatule du greffoir ou même de la lame, on décolle avec précaution le carré d’écorce isolé par les incisions et sur lequel se trouve l’oeil à greffer (A, fig. 1).
L’écusson étant levé, on fait choix, sur le sujet, de l’emplacement où on doit le déposer. II est bon de placer l’écusson sur une partie de sarment de même grosseur à peu près que celui qui l’a fourni ; mais, ce qui est tout à fait indispensable, ce en quoi consiste la différence entre la greffe en écusson ordinaire et celle que M. le professeur Horvàth applique à la vigne avec beaucoup de succès, c’est que l’écusson doit être posé sur un emplacement occupé par un autre bouton, sur un noeud.
Ayant fait choix du sarment sujet (fig. 2) et, sur celui-ci, de l’emplacement (A, fig. 2), on supprime la feuille qui l’occupe et on fait, au-dessus et au-dessous du bouton à remplacer et à des distances correspondant à la longueur de l’écusson, deux entailles semi-annulaires (aa et bb’, fig. 2) tranchant l’écorce sans entamer le bois, sur la face du sarment occupée par l’oeil à remplacer.
On joint ensuite ces deux entailles par une troisième (xy fig. 2) qui, longitudinale et parallèle à l’axe du sarment, passe par le centre du bouton et tranche également toute la partie corticale aussi bien que ce qui reste du pétiole, sans entamer le bois. Puis, s’aidant de nouveau, soit de la spatule soit de la lame du greffoir, on soulève les deux petits rectangles d’écorce (axyb, a’xyb’, fig. 2) partiellement isolés, de façon que, comme dans la greffe en écusson ordinaire, ils fassent charnière et puissent bientôt recouvrir l’oeil apporté.
Ces deux petits rectangles d’écorce soulevés, on a, sur le sarment, une place où le bois est à nu, et dont la forme est parfaitement disposée (fig. 3), pour emboîter celle de l’écusson préparé, on pose celui-ci sur cette place, on ramène par-dessus les deux lambeaux d’écorce soulevés et on attache (fig. 4).
On attache avec de laine ou du raphia et, après 15 à 20 jours, on vient desserrer les ligatures.
Le professeur Horvàth aurait eu des réussites de 80% avec ce procédé.
P.-S.
Texte extrait de la Revue de Viticulture, 1894.
Références
Ce contenu est entièrement basé sur des informations tirées de greffer.net (archive), par Patrice, le 20 juin 2007.